Ce que « Gloutons et Dragons » a compris de l’aventure
Dans presque toute la fantasy, les héros ne mangent pas. Ryoko Kui a bâti neuf volumes sur cette invraisemblance — et, chemin faisant, un des meilleurs récits d’aventure de la décennie.
Par L’équipe de Manga Den
La règle tacite du donjon : on descend, on affronte, on remonte. Personne ne demande jamais ce qu’on a mangé entre l’étage trois et l’étage quatre.
Ryoko Kui pose la question, et tout le reste en découle. Si l’on mange les monstres, il faut savoir de quoi ils sont faits. S’il faut savoir de quoi ils sont faits, il faut une écologie du donjon. Et si le donjon a une écologie, alors ce n’est plus un décor : c’est un monde.
La recette comme fiche de personnage
Chaque chapitre est une recette, et chaque recette dit quelque chose des personnages : ce que Laïos est prêt à goûter, ce que Marcille refuse, ce que Senshi respecte. On apprend à les connaître par ce qu’ils mettent dans leur assiette — un procédé de romancier, appliqué à un manga de donjon.
Neuf volumes, terminé. C’est la série qu’on conseille le plus souvent à quelqu’un qui dit ne pas aimer la fantasy.
À lire ensuite
Taniguchi, ou l’art de marcher lentement
